La première cause dinfertilité chez la femme est directement liée à lâge. Cest un problème qui sest récemment révélé dans les pays occidentaux et qui est entièrement associé au mode de vie actuel. En lespace de quelques années, lâge moyen des femmes enceintes est passé de 25 à 30 ans et il est fréquent aujourdhui de rencontrer des patientes de 40 ans et plus, se considérant encore jeunes, et consultant pour des problèmes de fertilité diminuée (Hédon, [On line]). Mais cest aussi lâge limite auquel les patientes peuvent prétendre avoir accès aux techniques dassistance médicale à la procréation. La moyenne dâge des patientes qui en bénéficient actuellement est de 32 ans et lorsque ce nest pas le conjoint qui est atteint dinfertilité, ces patientes présentent des troubles qui ne sont pas liés au vieillissement. Il existe, de façon schématique, quatre principaux facteurs pouvant être responsables des infertilités féminines : les troubles de lovulation, une mauvaise perméabilité des trompes, un défaut du développement de lendomètre et des anomalies de la glaire cervicale (Emperaire (1996)).
Ils sont mis en cause dans 35 à 40% des infertilités féminines et sont caractérisés par labsence dovulation (Emperaire (1996)). Sil ny a pas dovocyte, il ne peut y avoir de fécondation. Ils peuvent être dorigine psychogène (anorexie, boulimie, pratique sportive excessive ) ou être liés à des désordres fonctionnels.
Les dysfonctionnements de laxe hypothalamo-hypophysaire peuvent retentir de manière significative sur lovulation. Parmi ces anomalies, certaines touchent lhypothalamus et peuvent être dues à des retards pubertaires, des tumeurs du système nerveux central (gliomes, méningiomes, pinéalomes, tératomes ), une sarcoïdose, des syndromes malformatifs (nanisme, atrophie corticosurrénale, polydactylie ), des lésions infectieuses ou inflammatoires (encéphalites, méningites ), des lésions toxiques (plomb, monoxyde de carbone ), des causes iatrogènes médicales ou chirurgicales (Matweb, [On line]).
Les troubles de lhypophyse peuvent être dus à des tumeurs pituitaires (adénomes à prolactine, à TSH , à ACTH ou à hGH ), à des problèmes auto-immunitaires, à des infections (méningite tuberculeuse, fongique ou paludéenne) ou bien encore à des effets secondaires médicamenteux. Ces dérèglements ont pour effet de perturber voire dinhiber le fonctionnement hormonal et ont une action directe sur lovaire en empêchant la maturation folliculaire et lovulation.
Dautres facteurs influencent négativement lovulation : il peut sagir dendocrinopathies extragonadiques telles que les hyperthyroïdies (Maladie de Basedow ), le diabète de type I, linsuffisance corticosurrénalienne primaire, il peut sagir dinsuffisance gonadique primaire (dysgénésies, syndrome de Turner, syndrome de Down, ménopause précoce, syndrome des ovaires résistants, syndromes polyglandulaires auto-immuns ), sont également en cause certaines pathologies infectieuses (oreillons, candidose ), les tumeurs ovariennes, les médicaments cytostatiques, la radiothérapie.
Un quart des stérilités est dû à lobstruction des trompes. Le rôle physiologique des trompes est de capter lovocyte au moment de lovulation et de le transporter dans leur lumière où luf rejoint le sperme. Lobstruction des trompes constitue donc un barrage à cette rencontre. La pathologie tubaire est dorigine infectieuse dans 90% des cas, les autres mécanismes en cause sont : lendométriose, un fibrome ou une agénésie (Fédération Internationale des Sociétés de Fertilité, [On line]). Les infections bactériennes proviennent, pour la plupart, du tractus génital féminin. Elles sont dues à des maladies sexuellement transmissibles ou peuvent être de cause obstétricale ou gynécologique. Les infections dorigine obstétricale sont assez rares, elles se manifestent généralement suite à un avortement pratiqué dans des conditions discutables ou au décours dun accouchement prolongé ou traumatique qui facilitent le développement de germes commensaux. Ce développement favorise par la suite la croissance de germes anaérobies agressifs. Les infections dorigine gynécologique sont plus fréquentes et sont pratiquement toutes dues à des germes transmis sexuellement. Elles sont dabord la cause dune infection cervicale puis, progressivement, dune atteinte inflammatoire pelvienne. Les germes mis en cause dans ces infections sont Neisseria gonorrhoea, Chlamydia trachomatis et certains mycoplasmes. Chlamydia trachomatis est la première cause des infections génitales hautes chez la femme et il est une cause majeure dinfertilité par atteinte tubaire (Douvier et al (1996)).
Les causes non infectieuses des obstructions tubaires peuvent être des séquelles de chirurgie de diverticulite, appendicectomie, opérations tubaires ), elles peuvent être dues à des malformations congénitales (agénésie, cloisonnements, diverticules, trompes surnuméraires ou doubles ) ou peuvent encore avoir une origine médicamenteuse. Cest le cas des malformations génitales observées chez les filles dont la mère avaient suivi un traitement médical au Distilbène pendant leur grossesse (Distilbène, Ampcochin, [On line]). Lendométriose est également incriminée dans certaines étiologies des pathologies obstructives tubaires. Cette maladie est caractérisée par limplantation et la multiplication de cellules endométriales viables dans la cavité péritonéale. Elle touche pratiquement 1 femme sur 7 (Vessey et al (1993)) et son incidence la plus élevée est observée chez les femmes de 40 à 45 ans (Sangi-Haghpeykar et al (1995)). Limplication du système immunitaire dans cette pathologie (Gleicher (1995), Dmonsky et al (1995)) est intéressante car elle montre que limmunité ne joue pas quun rôle de défense vis-à-vis des agents exogènes au niveau du tractus génital. Chez les femmes exemptes dendométriose, les lymphocytes T cytotoxiques et les lymphocytes Natural Killer contribuent à lélimination des cellules endométriales qui tentent de simplanter ; à linverse, les fonctions lymphocytaires sont diminuées chez les patientes souffrant de cette maladie (Dmonsky et al (1994), Oosterlinck et al (1992), (1994)).
Utérus et défauts de lendomètre
Lendomètre est la paroi muqueuse qui tapisse lintérieur de lutérus et na dexistence fonctionnelle que sous linfluence directe des strogènes et de la progestérone. Pendant lactivité génitale de la femme, lendomètre subit des variations morphologiques et fonctionnelles rythmées par la cycle endométrial dont la conséquence physiologique est le cycle menstruel (Schéma ci-dessous)

Aspects de lendomètre au cours du cycle (daprès Vacheret [On line])
Au niveau du corps utérin et de lendomètre, les pathologies résultent essentiellement de dysrégulations endocrines, de complications de grossesses et de proliférations néoplasiques. Les infections y sont rares car la barrière formée par le col est efficace. Les phénomènes inflammatoires sont soit aigus, en relation avec un accouchement ou un avortement, soit chroniques et associés le plus souvent aux dispositifs contraceptifs intra utérins. Des pathologies telles que ladénomyose touchent le myomètre. Des troubles menstruels fonctionnels peuvent être causés par des polypes et des adénocarcinomes. Des hyperplasies de lendomètre peuvent être en rapport avec une imprégnation oestrogénique prolongée. Les pathologies tumorales sont de deux ordres : tumeurs bénignes et tumeurs malignes. Les tumeurs bénignes sont les polypes et les léiomyomes. Elles sont fréquentes, 25% des femmes en souffrent durant leur vie génitale et elles sont mises en cause dans les avortements spontanés. Elles répondent bien aux oestrogènes et régressent spontanément à la ménopause. Les tumeurs malignes sont surtout les carcinomes de lendomètre dont le pronostic est directement associé à la précocité du diagnostic (Cannistra (1993)). Les autres pathologies endométriales sont les métaplasies squameuses, les ossifications de lendomètre, les tuberculoses, et les endomètres réfractaires (Ruiz-Velasco et al (1997)).
Qualité de la glaire cervicale
La glaire cervicale est un élément important du processus de la reproduction : en période pré-ovulatoire, elle facilite laccès des spermatozoïdes à la région tubaire, elle forme un filtre permettant déliminer les spermatozoïdes faibles ou anormaux et elle assure une barrière mécanique et immunologique contre les infections (Chantler et al (1986)). Les propriétés de la glaire se modifient tout au long du cycle. Au milieu de celui-ci, la quantité de glaire augmente, le mucus devient moins épais et adopte une microstructure moins serrée facilitant ainsi la pénétration des spermatozoïdes (Eriksen et al (1998)). Cest au sein de la glaire cervicale que seffectue la capacitation (Fournier-Delpech et al (1991)). La glaire est produite par les cellules sécrétoires du col de lutérus et contient des mucines, de leau, des sels minéraux et de nombreuses protéines, dont des éléments de limmunité muqueuse et acquise (Ginsburg et al (1997)). Parmi ces derniers on trouve des cytokines régulatrices telles que les interleukines 1b , 6 et 10 et des immunoglobulines disotype A, spécifiques de limmunité muqueuse (Anderson (1996), Kutteh et al (1998), Franklin et al (1999)) De légères modifications physico-chimiques de la glaire peuvent être à lorigine de certaines infertilités : un pH acide neutralise les spermatozoïdes et une glaire cervicale trop épaisse ou trop fluide modifie les conditions de mobilité des gamètes mâles (Rousseau et al (1991)).
De la même façon que chez lhomme, les conditions environnementales, les habitudes alimentaires, la consommation de tabac ou dalcool et certains médicaments influent sur la fécondabilité de la femme. Tous ceux-ci peuvent interagir avec le système endocrinien et/ou lappareil génital lui-même.