En France plus de 30 000 personnes vivent avec un
organe transplanté. Comme le montre la figure 1 le nombre de patients
transplantés chaque année a rapidement augmenté tout au long des années 80 pour
atteindre un maximum en 1991 (3 572) et ensuite diminuer légèrement en raison
de la pénurie de greffons disponibles. Depuis 10 ans ce chiffre est resté
relativement stable aux alentours de 3 000. Le rein représente de loin la
première transplantation d'organe (1 842 en 1999), suivi du foie (699), du cœur
(321), du poumon (71), du bloc cœur poumons (28), du pancréas (49) et de
l'intestin (7).
Cette activité ne permet pas de répondre aux besoins de santé publique car les
besoins sanitaires exprimés à travers les inscriptions sur les listes d'attente
concernent 4 233 patients nouvellement inscrits au cours de l'année 1999, dont
2485 pour une transplantation rénale, 934 pour une transplantation hépatique, 507 pour une transplantation
cardiaque, 131 pour une transplantation pulmonaire, 114 pour une
transplantation pancréatique et 9 pour une transplantation intestinale (rapport
Etablissement Français des Greffes). Ainsi le nombre de transplantations
réalisées ne représente que 71,27% des indications posées dans l'année. Le
déséquilibre entre l'offre de soins et la demande est encore plus grand puisque
les 4 233 nouveaux inscrits s'ajoutent aux 5 345 patients restant inscrits en
attente d'un greffon au 31/12/1998. Les conséquences de ce déséquilibre
impliquent un allongement du délai d'attente (seuls 75% des inscrits séjournent
en liste d'attente moins de 42,9 mois pour le rein, 11,2 mois pour le cœur, 7,6
mois pour le foie.)
D'autre part environ 300 patients décèdent chaque année faute d'avoir été
transplantés à temps. Cette pénurie a probablement entraîné une modulation
spontanée des inscriptions en liste d'attente et la demande de soins est donc
encore supérieure aux inscriptions en liste d'attente.
Ceci est d'autant plus regrettable que les résultats en terme de survie des
patients, des greffons et de qualité de vie continuent à s'améliorer
régulièrement. Pour un patient transplanté entre 1992 et 1998 la survie était
respectivement de 72,3% et 77,6% à 1 an, 62,1% et 68,6% selon qu'il s'agisse
d'une greffe de cœur ou de foie. Pendant la même période la survie moyenne d'un
greffon rénal était de 88% à 1 an et de 75,5% à 5 ans.
Au total environ 3 000 patients sont transplantés chaque année en France alors qu'environ 10
000 sont inscrits. Cette situation de pénurie entraîne le décès d'environ 300
patients inscrits et non greffés.