
Cas clinique
Madame Dupont téléphone à son médecin traitant le lundi 30 novembre à 13 heures. Elle appelle en urgence : " Docteur, mon mari s'est senti mal au cours du repas alors qu'il mangeait une salade d'avocat et crevettes. Il a commencé par avoir des démangeaisons aux mains et aux pieds, puis a eu des boutons partout. Son visage a gonflé et il avait du mal à respirer. Il s'est allongé sur le canapé et maintenant il ne me répond plus et ses lèvres sont bleues ".
Le médecin se précipite dans sa voiture muni de sa trousse d'urgence. De son portable, il appelle le 112.
Monsieur Dupont est un patient âgé de 34 ans, artisan maçon, que le médecin connaît bien. Il est rarement malade, mais a eu l'hiver dernier une angine traitée par Amoxicilline. Il n'a pas d'antécédent particulier. Le médecin l'avait vu le matin même car il présentait une angine fébrile. Il avait passé le week-end dans la ferme de son frère où il avait eu froid. Un traitement par amoxicilline et paracétamol avait été prescrit par le médecin qui lui avait conseillé de rester à la maison quelques jours. Il voulait reprendre au plus vite son travail.
Le médecin arrive au domicile de Monsieur Dupont un peu avant l'équipe du SAMU. Il respire très difficilement, avec des sifflements. Sa tension est imprenable et son pouls filant à 140 battements par minutes. Le médecin lui fait une injection d'adrénaline et les médecins du SAMU lui font inhaler un beta2-stimulant. Rapidement, il respire mieux. Il est transféré d'urgence en réanimation, sous perfusion de soluté de remplissage. Quelques heures plus tard, malgré les beta-stimulants et l'adrénaline, Monsieur Dupont présente de nouveau quelques difficultés à respirer. Cet épisode cède rapidement après une nouvelle injection d'adrénaline. Un dosage de la beta-tryptase sérique est demandé, qui permettra de montrer un taux est à 15.22 ng/ml (taux normal moins de 1ng/ml; seuil 8.23ng/ml Allergy 1999;54:602-6). La numération-formule sanguine donne les résultats suivants :
Hématies : 5 T/L
Hémoglobine : 110 g/L (11g/dL)
Globules blancs : 7,5 G/L
Lymphocytes : 2 G/L
Monocytes : 0.6 G/L
Eosinophiles : 0.02 G/L
Plaquettes : 300 G/L
Madame Dupont, interrogée, précise qu'ils venaient de se mettre à table. Monsieur Dupont avait commencé par prendre son antibiotique, puis débuté le repas. L'accident a eu lieu environ 20 minutes après qu'il se soit assis à table. Monsieur Dupont sort de l'hôpital 24 heures plus tard, avec une prescription d'antihistiaminiques pour quelques jours.
Six semaines plus tard, Monsieur Dupont se rend au service d'Allergologie. Un nouvel interrogatoire est effectué. Des tests cutanés sont réalisés sur son dos avec les substances incriminables : extrait de crevettes, extrait d'avocat, paracétamol et amoxicilline, ainsi qu'avec une série de substances pouvant montrer un terrain atopique : pollens, extraits de poils d'animaux, poussière de maison. En 15 minutes Monsieur Dupont rapporte des sensations de démangeaisons sur le corps. Le test à l'amoxicilline s'est positivé avec œdème, érythème et prurit. Le diamètre de l'œdème atteint 8 mm. Le contrôle positif réalisé avec la codéine à 9% est normalement positif avec un œdème d'un diamètre de 5 mm. Le contrôle négatif est normalement négatif. Tous les autres tests sont négatifs.
Le taux d'IgE sériques de Monsieur Dupont est de 120 KU/L. Un RAST à l'Amoxcilline détecte 7 KU/L d'IgE spécifiques (taux normal moins de 1KU). Un test d'histaminolibération des basophiles de son sang périphérique est positif après contact avec l'Amoxicilline.
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et le conseil du pharmacien suisse, en cas de piqures d'abeilles et de guêpes
Via AMEDEO, plusieurs articles du BMJ sur les réactions d'hypersensibilité dont le choc anaphylactique et sa prise en charge
Jeudi 20 Juillet 2000
Choc anaphylactique : une incidence croissante
Le nombre de chocs anaphylactiques en Angleterre a augmenté au cours des 4 dernières années, passant de 5.6 pour 100 000 en 91 à 10.2 pour 100 000 en
1995. Les causes les plus habituelles sont les médicaments, les aliments et
enfin les insectes. Ce sont les aliments qui contribuent le plus à cette
augmentation et selon les auteurs, ce sont essentiellement l'allergie à l'arachide
et aux autres noix qui sont responsables de cette augmentation de l'allergie
alimentaire.
Pr C. D Sheikh A et Alves B. BMJ, 2000 ; 320 : 1441.
Anaphylaxis, a science project par un collégien australien de 14 ans
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